samedi 8 mars 2014

Journée de la femme ter

Après l'histoire de Monica et celle de Diana, je vais, comme promis, vous raconter celle de la troisième personne de la bande, telle que je la connais. Cette femme, je vais l'appeler Angela, car elle avait un visage si doux, presque angélique, quand elle était jeune.

Comme Monica, Angela  aussi s'était mariée jeune, un peu moins pourtant. Un jour, assez peu de temps après son mariage, j'ai appris que son mari était tombé dans un précipice lors d'un voyage en amoureux avec sa femme, un deuxième voyage de noce, en quelque sorte. Il avait été ivre mort en tombant, disait la rumeur. En tout cas, il était mort ivre.


Pauvre Angela. Elle s'enfermait chez elle, ne voulait voir personne, ce qui était sans doute normal pour qu'elle fasse son deuil.

Des amis la poussaient à sortir, à voir du monde.

Un jour, me raconta-t-elle beaucoup plus tard, elle accepta l'invitation à passer la soirée chez une femme dont le petit ami était en déplacement.

Elles mangèrent un peu, tout en parlant de tout et de rien. Ca faisait du bien à Angela. Et soudain, à son étonnement, arrivèrent  le compagnon de la femme et un ami de celui-ci. Ils s'invitèrent à la fête.

On poussa Angela à boire un peu de vin. Il ne lui en fallait pas beaucoup, car elle était plutôt buveuse d'eau.

Le lendemain matin elle se trouva à moitié nue, endolorie, et elle comprit qu'on l'avait violée après l'avoir droguée. Elle n'en avait aucun souvenir, mais elle le savait. Elle voulait partir, ramassa ses affaires et tomba sur l'autre femme qui lui dit: Tu ne diras rien, n'est-ce pas?

Et elle ne dit rien, même lorsqu'un peu plus tard elle comprit que non seulement on l'avait violée, mais qu'en plus on lui avait fait cadeau d'une MST. 

Tu sais, me dit-elle donc un jour, beaucoup plus tard, ce jour-là,  j'ai juré de ne plus jamais me laisser faire mais de tuer le prochain salaud qui s'attaquerait à moi.

Des paroles en l'air? Je n'en avais pas l'impression.

Ce n'est qu'en mettant son histoire noir sur blanc (blanc sur bleu) que j'ai trouvé que quelque chose y sonnait faux. Et si cela s'était passé dans l'ordre inverse? D'abord violée, ensuite marié à un homme buveur occasionnel - et violent. Si elle avait aidé ce mari ivrogne à faire sa chute mortelle?

Je n'en sais rien, mais...

***

Des histoires comme celles du trio Monica, Diana et Angela, il y en a beaucoup. Beaucoup plus que nous ne pouvons imaginer. Une récente étude affirme qu'une femme européenne sur trois a été victime de violence physique ou sexuelle depuis l'âge de 15 ans.  C'est beaucoup. Beaucoup trop. Nombreuses sont celles qui ne s'en sortent pas, et pourtant en France au moins, il existe des centres d'accueil où les femmes battues peuvent chercher refuge.

J'ai rencontré des personnes qui travaillent dans un de ces centres. Elles ne m'ont jamais donné de détails sur leur travail, ni sur les pensionnaires, sans doute par discrétion, pourtant elles auraient, j'en suis sûre, beaucoup de choses à dire.

Ce centre était, m'avait un jour dit quelqu'un, un homme, "un lieu pour des filles qui avaient mal tourné". C'est souvent ainsi, la victime devient le coupable dans les yeux du monde. Souvent aussi dans les siens.

8 commentaires:

SusuPetal a dit…

Hyvää naistenpäivää, Hélène.

ELFI a dit…

pour 'une' journée si tragique ..
toutes les journées de la femme ne suffisent pas ...

ruma a dit…


Bonjour, hpy.

Expression d'une grande importance.
Photographie fascinante.

Passez une bonne journée. Du Japon, ruma ❀

claude a dit…

Toutes les femmes violées se laissent faire, c'est bien connu.
Ou si elles se font violer c'est qu'elles l'ont bien chercher.
La femme est aguicheuse et l'homme n'est pas de bois.
Le pauvre !

Solange a dit…

On a peut-être avancée sur certains points, mais on en a perdue sur d'autres.

Miss_Yves a dit…

Déprimant...

Marguerite-marie a dit…

oui déprimant!

Thérèse a dit…

Une derniere phrase qui est si vraie de par le monde. Comment rester indiferrent a ces confidences...